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1985-2011. Cela fait 26 ans que le Mad de Lausanne construit, saison après saison, la légende et la réputation qui est sienne aujourd’hui. Classé dans le TOP 100 des meilleurs clubs du monde en 2008, le Mad a été sacré Best Swiss Club à Zurich en 2010, lors des Swiss Nightlife Awards. Il a en outre remporté le titre convoité des Best Events Series pour ses soirées Mad Attitude, et la médaille d’argent du Best Swiss Event pour son Montreux Sundance Festival. Une reconnaissance qui fait de ses cinq étages, de ses trois dancefloors, de son restaurant Le Bedroom et de son pub en sous-sol Le Zoo l’un des temples mondiaux de la musique électronique. David Guetta, Bob Sinclar, Tiesto, Armin van Buuren, Paul van Dyk, Jeff Mills, Axwell, mais aussi Faithless, Prodigy, les Rita Mitsouko, Cesaria Evora, Jean-Louis Aubert, Cerrone ou encore Dany Boon, Pierre Desproges et Michael Youn ont écrit ses plus belles pages. Feuilletées chaque année par plus de 300’000 clubbers. Welcome to the Mad. Dans le journal 24Heures ici« Arrivé en 1985, le Moulin à Danses (MAD) se hisse parmi les meilleurs clubs du monde (et fait des misères à l’Atelier Volant voisin, dont les soirées latinos égratignent sa clause d’exclusivité). »

 

 

 

English

Founded in 1985 by a group of adepts who first recognized the need for a night spot especially intended for young peope eager to dance to the sound of their favorite music, and also to attend live shows presented by reputed popular artists, the Moulin à Danses de Lausanne (the Lausanne Dance Mill), appropriately named « MAD » for short, soon earned an enviable fame as one of most reputed discotheques in the whole of Europe.
At the time, the idea of dancing to the sound of recorded music, diffused at a high level on an elaborate sound system operated by a disk jockey was already making its way. By now, it has become common practice. What is new, however, is the emergence of a new art: disk jockeys are now recognized as full fledged performing artists, travelling from country to country and often commanding high fees. Thus, name of visiting disk jockeys has become an essential factor in building the reputation of a discotheque, together of course with the originality of the decor and lighting, and other such factors. But most of all, a discotheque must be recognized as being « in », as expressed in the language its customers, and referring not only to the quality of the music, but also the undescribable quality of « feeling ». On this particular score, the MAD is highly successful, as it enjoys a reputation comparable to that of the most reputed night spots in the entire world.
Located in a renovated warehouse in a neighborood now emerging as one of the centers of the rising contemporary culture in Lausanne, it is open five days a week, and operates on five different floors, with three independant sound systems, four bars and a restaurant. It can cater to a total of one thousand customers at a time, most of them in the range of 18 to 25 years of age. It has a permanent membership of over three thousand, but also admits many visitors on a nightly basis, a good number of which come from other Swiss cities or even foreign countries. It is also rented, on an occasional basis, to private organizations, mostly student societies. Needless to say that besides the dance parties, the Mad has remained truthful to its original vocation of presenting public concerts of world-reputed soloists and musical groups (see attached list). In recent years, the MAD has added to its activities the Atlantis festival, a yearly event presented simultaneously in several spots in Lausanne and/or other cities, and attended by thousands of fans, with the participation of many world-famous disk jockeys and group

 

 

INTERVIEW D’IGOR BLASKA par BANANA SOUND EXPERIENCE

 

 

Quand as-tu rejoint le Mad ?

I.B. : Il y a un peu plus de 20 ans. J’ai commencé en bas de l’échelle, même au vestiaire, puis de temps en temps je faisais DJ et on organisait des soirées. Avec Olivier Fatton, mon partenaire, associé et meilleur ami au monde, on a grandi ici et on est devenu unique associé du MAD depuis à peu près 10 ans. On est heureux, on s’éclate et on espère que ça durera le plus longtemps possible.

 

Et tu es devenu le boss du MAD !

Je le suis devenu un peu par accident. En tout cas, ce n’est pas ce que tu te dis quand tu rejoins le Mad. Ce n’était pas du tout l’objectif. Cela s’est fait naturellement. On y a mis tout notre cœur. On vivait le truc. Puis les fondateurs du MAD sont arrivés à un âge où ils voulaient passer la main. Tant mieux pour nous.

 

Le MAD, cela veut dire Moulin A Danse…

Oui. C’était le nom du club à l’origine, et ce sont les clients qui l’ont surnommé le MAD.

 

Mais pourquoi Le Moulin A Danse ?

Les fondateurs du MAD de Lausanne faisaient partie de la fondation du MAD de Genève, où se jouaient principalement des pièces de théâtre et où les gens venaient danser en couple également. Du tango. Du flamenco. De la salsa. D’où le nom de Moulin A Danse. Quand ils ont quitté le MAD de Genève, ils ont tout logiquement appelé leur nouveau lieu le Moulin A Danse de Lausanne.

 

Quelle est l’idée derrière le MAD ?

On est basé sur le divertissement. C’est notre activité principale. En parallèle, on s’efforce de proposer des découvertes, des soirées innovantes. Certains estiment que la qualité est parfois inégale. D’autres au contraire y trouvent leur bonheur. Mais le but reste de divertir les gens, de les amuser, de trouver des idées pour qu’ils viennent se rencontrer au MAD. C’est aussi l’un de nos objectifs à travers la musique, les découvertes et le clubbing : le divertissement et les rencontres.

 

C’est quoi, une soirée réussie au MAD?

Tout vient des clients. Tu peux avoir le plus bel endroit du monde, et la meilleure musique, mais si tu n’as pas dans ton club les gens qu’il faut, cela ne va pas le faire. Le plus important, c’est que les gens soient en symbiose avec l’activité que tu leur proposes. Si tu réunis 1000 personnes qui aiment la salsa dans une soirée électro, au final, tout le monde va s’ennuyer. Il faut savoir réunir les bonnes personnes pour la bonne soirée.

 

Qu’est-ce qui peut tuer l’ambiance ?

La musique peut tuer l’ambiance, si tout d’un coup le DJ perd les pédales ou le fil. Des clients qui ne partageraient pas le même esprit que la majorité des gens présents peuvent aussi tuer l’ambiance. Il y a plein de facteurs qui peuvent nuire à une soirée. Si on les connaissait à l’avance, on s’y préparerait, mais malheureusement cela arrive de temps en temps. On essaie donc simplement de les identifier au plus vite, de rebondir et d’éviter que trop de clients ne s’en rendent compte.

 

Le MAD est très électro. Et le rock alors ?

Tu n’as pas connu les premières époques du MAD !  Et même jusqu’à ces dernières années ! On a proposé les plus grands concerts rock qui existent, des Rita Mitsuko à Jean-Louis Aubert en passant par Faithless ou Chemical Brothers… De nombreux humoristes se sont aussi produits au MAD : Jamel Debbouze, Michaël Youn, Pierre Desproges… Le MAD a toujours privilégié le divertissement, mais simplement à l’époque, on programmait davantage de concerts parce que c’est la musique qu’ils entendaient à la radio. Aujourd’hui, ce sont les DJ’s qui passent sur les ondes.

 

Comment doit s’y prendre un jeune DJ pour mixer au MAD ?

Il doit être très motivé ! Il faut d’abord nous envoyer un mix le plus court possible. Il serait bien aussi d’être recommandé par des gens que nous connaissons dans le milieu. On a besoin d’entendre plusieurs avis. Cela peut être celui d’un barman, de clubbers, de personnes qui parlent en bien d’un nouveau DJ. Prenons des exemples comme Axwell ou Avicii, qui sont actuellement des DJ’s à la stature mondiale et qui ont joué au MAD dès leurs débuts même si techniquement c’était une catastrophe ! Ils ne savaient pas mixer du tout ! On les a pourtant programmés parce qu’ils nous avaient été chaudement recommandés. Nous suivons ce même raisonnement avec tous les nouveaux DJ’s.

 

Donc il faut connaitre des gens du MAD pour passer au MAD.

Oui. Mais nous envoyer une démo en disant simplement que tu as envie de passer au MAD, cela ne suffit pas. Nous croulons sous ce genre de demandes. On veut de l’engouement et de la motivation, quelque chose de bien plus large qu’une banale candidature.

 

Un jeune artiste suisse à nous recommander ?

Il y en a beaucoup et principalement sur la scène romande. Les Romands ont beaucoup plus de talent à mon avis, plus de feeling et de sensibilité que les Suisses allemands. Les Suisses allemands, c’est un peu l’usine la façon dont ils font de la musique. Ca manque d’âme. Les Swiss Music Awards reconnaissent les Romands en les récompensant. Je dis chapeau ! Des DJ’s suisses allemands qui cartonnent, à part DJ Antoine ou Remady, il n’y en a pas vraiment tandis qu’en Romandie, il existe un formidable vivier. Luciano (Cadenza), ou encore Yves Larock qui a fait un tube mondial, tournent dans le monde entier !

 

Quelle soirée au MAD t’a le plus marqué ?

Jean-Louis Aubert typiquement. Il était le chanteur du groupe Téléphone. Il était sur scène. Il jouait de la guitare derrière une cape dès l’ouverture des portes. On ne le voyait pas trop. Il jouait de la guitare avec des son en peu étranges, les gens entraient, ils s’approchaient mais ils ne le reconnaissaient pas tout de suite. Puis il s’est levé tout à coup, sa cape est tombée et cela a été génial ! Je pourrais aussi te parler des soirées avec Laurent Garnier, Carl Cox ou David Guetta qui a tout de même mixé 20 fois au MAD. Il m’est difficile, avec toutes ces années, de ne sélectionner un seul moment fort.

 

Un DJ ou un artiste que tu aimerais voir au MAD ?

Je suis un méga fan de Madonna… On a quand même accueilli Céline Dion, ce n’est pas rien ! On peut toujours critiquer ce choix, mais Céline Dion c’est un emblème dans le monde entier. Et moi je suis un grand fan de Madonna parce qu’elle est pile poil dans notre cible : musicalement, elle a fait des choses extraordinaires en travaillant avec les DJ’s Jacques Lucont et Martin Solveig, elle touche aussi la communauté gay présente tous les dimanches au MAD, et elle « parle » tant aux plus jeunes qu’aux plus âgés. Madonna au MAD, c’est un rêve qui ne se réalisera sûrement jamais, mais ce n’est pas grave.

 

La dernière chanson écoutée sur ton lecteur mp3 / smartphone ?

Tout le monde me parlait du Harlem Shake. Alors je l’ai entendu pour la première fois ce matin. Je me suis renseigné. J’ai entendu qu’ils ont piqué des passages et des voix de chanteurs des 90’s et que c’est un gros casse-tête pour les droits d’auteurs ! Je crois que ce morceau préfigure de ce qui nous attend musicalement. Je ne dis pas que c’est mal ou que c’est bien. C’est égal tant que les gens s’amusent !

 

Le MAD a quoi de plus que les autres clubs lausannois ?

Je vais te dire les choses autrement. La première fois que je suis entré au MAD il y a 21 ans à peu près, il y avait comme des ondes, un truc fort comme une vibration. Le MAD a 30 ans de musique, il est ouvert de 3 à 7 fois par semaine, des milliers d’artistes s’y sont produits, des centaines de milliers de clubbers ont une histoire avec le MAD. Ca donne son âme à l’endroit. C’est ce que le MAD a de plus que les autres. Et c’est unique !

 

Le MAD a quoi de plus que les autres clubs lausannois ?

Je vais te dire les choses autrement. La première fois que je suis entré au MAD il y a 21 ans à peu près, il y avait comme des ondes, un truc fort comme une vibration. Le MAD a 30 ans de musique, il est ouvert de 3 à 7 fois par semaine, des milliers d’artistes s’y sont produits, des centaines de milliers de clubbers ont une histoire avec le MAD. Ca donne son âme à l’endroit. C’est ce que le MAD a de plus que les autres. Et c’est unique ! Voilà pourquoi, quand un clubber qui fréquente le MAD se rend à l’étranger, à New York comme à Ibiza, et qu’on lui parle de nightlife, il fait souvent référence au MAD avec fierté et peut se la péter. Et cela même si, de retour à Lausanne, il rejoindra le cortège des quelques clubbers un peu blasés et prompts à la critique facile… Cette fierté, c’est à nous de l’entretenir saison après saison !


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