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Francais
1985-2016. Cela fait 31 ans que le Mad de Lausanne construit, saison après saison, la légende et la réputation qui sont siennes aujourd’hui. Classé dans le TOP 100 de DJ Mag des meilleurs clubs du monde en 2008 (79) et en 2016 (91), lauréat d’un NRJ DJ Award d’honneur en 2013, le Mad c’est cinq étages, quatre dancefloors, un restaurant et plus de 300’000 clubbers qui y font la fête chaque année. David Guetta, Hardwell, Bob Sinclar, Tiesto, Armin van Buuren, Martin Garrix, Jeff Mills, mais aussi Faithless, Prodigy, les Rita Mitsouko, Justice, Jean-Louis Aubert, les Nervo ou encore Joey Starr et Maître Gims ont écrit ses plus belles pages. Mais celles qui nous restent à feuilleter ensemble seront plus belles encore! »

English
1985-2016. It has been 31 years since the Mad in Lausanne builds, season after season, the legend and its reputation of today. Classified in the TOP 100 of the best clubs of the world in 2008 (79) and in 2016 (91), it was also a prize-winner of a NRJ DJ Award of honor in 2013 ! « The Mad » it’s five floors, four dancefloors, a restaurant and over 300’000 clubbers who party there every year. David Guetta, Hardwell, Bob Sinclar, Tiesto, Armin van Buuren, Martin Garrix, Jeff Mills, but also Faithless, Prodigy, Rita Mitsouko, Justice, Jean-Louis Aubert, Nervo, Joey Starr and Maître Gims wrote most right-hand pages of the Mad’s history ! But, the best chapters are yet to come and we shall write them together !

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INTERVIEW D’IGOR BLASKA par BANANA SOUND EXPERIENCE

Igor Blaska et Olivier Fatton, les propriétaires du MAD devant leur établissement
Quand as-tu rejoint le Mad ?
I.B. : Il y a un peu plus de 20 ans. J’ai commencé en bas de l’échelle, même au vestiaire, puis de temps en temps je faisais DJ et on organisait des soirées. Avec Olivier Fatton, mon partenaire, associé et meilleur ami au monde, on a grandi ici et on est devenu unique associé du MAD depuis à peu près 10 ans. On est heureux, on s’éclate et on espère que ça durera le plus longtemps possible.
Et tu es devenu le boss du MAD !
Je le suis devenu un peu par accident. En tout cas, ce n’est pas ce que tu te dis quand tu rejoins le Mad. Ce n’était pas du tout l’objectif. Cela s’est fait naturellement. On y a mis tout notre cœur. On vivait le truc. Puis les fondateurs du MAD sont arrivés à un âge où ils voulaient passer la main. Tant mieux pour nous.
Le MAD, cela veut dire Moulin A Danse…
Oui. C’était le nom du club à l’origine, et ce sont les clients qui l’ont surnommé le MAD.
Mais pourquoi Le Moulin A Danse ?
Les fondateurs du MAD de Lausanne faisaient partie de la fondation du MAD de Genève, où se jouaient principalement des pièces de théâtre et où les gens venaient danser en couple également. Du tango. Du flamenco. De la salsa. D’où le nom de Moulin A Danse. Quand ils ont quitté le MAD de Genève, ils ont tout logiquement appelé leur nouveau lieu le Moulin A Danse de Lausanne.

Quelle est l’idée derrière le MAD ?
On est basé sur le divertissement. C’est notre activité principale. En parallèle, on s’efforce de proposer des découvertes, des soirées innovantes. Certains estiment que la qualité est parfois inégale. D’autres au contraire y trouvent leur bonheur. Mais le but reste de divertir les gens, de les amuser, de trouver des idées pour qu’ils viennent se rencontrer au MAD. C’est aussi l’un de nos objectifs à travers la musique, les découvertes et le clubbing : le divertissement et les rencontres.
C’est quoi, une soirée réussie au MAD?
Tout vient des clients. Tu peux avoir le plus bel endroit du monde, et la meilleure musique, mais si tu n’as pas dans ton club les gens qu’il faut, cela ne va pas le faire. Le plus important, c’est que les gens soient en symbiose avec l’activité que tu leur proposes. Si tu réunis 1000 personnes qui aiment la salsa dans une soirée électro, au final, tout le monde va s’ennuyer. Il faut savoir réunir les bonnes personnes pour la bonne soirée.
Qu’est-ce qui peut tuer l’ambiance ?
La musique peut tuer l’ambiance, si tout d’un coup le DJ perd les pédales ou le fil. Des clients qui ne partageraient pas le même esprit que la majorité des gens présents peuvent aussi tuer l’ambiance. Il y a plein de facteurs qui peuvent nuire à une soirée. Si on les connaissait à l’avance, on s’y préparerait, mais malheureusement cela arrive de temps en temps. On essaie donc simplement de les identifier au plus vite, de rebondir et d’éviter que trop de clients ne s’en rendent compte.
Le MAD est très électro. Et le rock alors ?
Tu n’as pas connu les premières époques du MAD ! Et même jusqu’à ces dernières années ! On a proposé les plus grands concerts rock qui existent, des Rita Mitsuko à Jean-Louis Aubert en passant par Faithless ou Chemical Brothers… De nombreux humoristes se sont aussi produits au MAD : Jamel Debbouze, Michaël Youn, Pierre Desproges… Le MAD a toujours privilégié le divertissement, mais simplement à l’époque, on programmait davantage de concerts parce que c’est la musique qu’ils entendaient à la radio. Aujourd’hui, ce sont les DJ’s qui passent sur les ondes.
Comment doit s’y prendre un jeune DJ pour mixer au MAD ?
Il doit être très motivé ! Il faut d’abord nous envoyer un mix le plus court possible. Il serait bien aussi d’être recommandé par des gens que nous connaissons dans le milieu. On a besoin d’entendre plusieurs avis. Cela peut être celui d’un barman, de clubbers, de personnes qui parlent en bien d’un nouveau DJ. Prenons des exemples comme Axwell ou Avicii, qui sont actuellement des DJ’s à la stature mondiale et qui ont joué au MAD dès leurs débuts même si techniquement c’était une catastrophe ! Ils ne savaient pas mixer du tout ! On les a pourtant programmés parce qu’ils nous avaient été chaudement recommandés. Nous suivons ce même raisonnement avec tous les nouveaux DJ’s.

Donc il faut connaitre des gens du MAD pour passer au MAD.
Oui. Mais nous envoyer une démo en disant simplement que tu as envie de passer au MAD, cela ne suffit pas. Nous croulons sous ce genre de demandes. On veut de l’engouement et de la motivation, quelque chose de bien plus large qu’une banale candidature.
Un jeune artiste suisse à nous recommander ?
Il y en a beaucoup et principalement sur la scène romande. Les Romands ont beaucoup plus de talent à mon avis, plus de feeling et de sensibilité que les Suisses allemands. Les Suisses allemands, c’est un peu l’usine la façon dont ils font de la musique. Ca manque d’âme. Les Swiss Music Awards reconnaissent les Romands en les récompensant. Je dis chapeau ! Des DJ’s suisses allemands qui cartonnent, à part DJ Antoine ou Remady, il n’y en a pas vraiment tandis qu’en Romandie, il existe un formidable vivier. Luciano (Cadenza), ou encore Yves Larock qui a fait un tube mondial, tournent dans le monde entier !
Quelle soirée au MAD t’a le plus marqué ?
Jean-Louis Aubert typiquement. Il était le chanteur du groupe Téléphone. Il était sur scène. Il jouait de la guitare derrière une cape dès l’ouverture des portes. On ne le voyait pas trop. Il jouait de la guitare avec des son en peu étranges, les gens entraient, ils s’approchaient mais ils ne le reconnaissaient pas tout de suite. Puis il s’est levé tout à coup, sa cape est tombée et cela a été génial ! Je pourrais aussi te parler des soirées avec Laurent Garnier, Carl Cox ou David Guetta qui a tout de même mixé 20 fois au MAD. Il m’est difficile, avec toutes ces années, de ne sélectionner un seul moment fort.
Un DJ ou un artiste que tu aimerais voir au MAD ?
Je suis un méga fan de Madonna… On a quand même accueilli Céline Dion, ce n’est pas rien ! On peut toujours critiquer ce choix, mais Céline Dion c’est un emblème dans le monde entier. Et moi je suis un grand fan de Madonna parce qu’elle est pile poil dans notre cible : musicalement, elle a fait des choses extraordinaires en travaillant avec les DJ’s Jacques Lucont et Martin Solveig, elle touche aussi la communauté gay présente tous les dimanches au MAD, et elle « parle » tant aux plus jeunes qu’aux plus âgés. Madonna au MAD, c’est un rêve qui ne se réalisera sûrement jamais, mais ce n’est pas grave.
La dernière chanson écoutée sur ton lecteur mp3 / smartphone ?
Tout le monde me parlait du Harlem Shake. Alors je l’ai entendu pour la première fois ce matin. Je me suis renseigné. J’ai entendu qu’ils ont piqué des passages et des voix de chanteurs des 90’s et que c’est un gros casse-tête pour les droits d’auteurs ! Je crois que ce morceau préfigure de ce qui nous attend musicalement. Je ne dis pas que c’est mal ou que c’est bien. C’est égal tant que les gens s’amusent !

Le MAD a quoi de plus que les autres clubs lausannois ?
Je vais te dire les choses autrement. La première fois que je suis entré au MAD il y a 21 ans à peu près, il y avait comme des ondes, un truc fort comme une vibration. Le MAD a 30 ans de musique, il est ouvert de 3 à 7 fois par semaine, des milliers d’artistes s’y sont produits, des centaines de milliers de clubbers ont une histoire avec le MAD. Ca donne son âme à l’endroit. C’est ce que le MAD a de plus que les autres. Et c’est unique ! Voilà pourquoi, quand un clubber qui fréquente le MAD se rend à l’étranger, à New York comme à Ibiza, et qu’on lui parle de nightlife, il fait souvent référence au MAD avec fierté et peut se la péter. Et cela même si, de retour à Lausanne, il rejoindra le cortège des quelques clubbers un peu blasés et prompts à la critique facile… Cette fierté, c’est à nous de l’entretenir saison après saison !